• jfaucheux

ANALYSE – Vannes et son tissu commercial


À quelques pas du Golfe du Morbihan et de ses îles et îlots, Vannes est un incontournable de la destination Bretagne Sud. Une cité médiévale, une place fortifiée, un port de plaisance vivant, des maisons à pans de bois et de beaux hôtels particuliers témoignent d’un héritage riche. Désormais à 2H30 de Paris en TGV, Vannes devient plus accessible et devrait percevoir une progression de l’affluence de ses ruelles et ses quais.


Le paysage commercial vannetais fait apparaître une concentration des moyennes et grandes surfaces sur 2 pôles majeurs à Vannes.


  1. Le principal pôle est situé à l’Ouest de Vannes (zones de Kerlann, Parc Lann et Luscanen), avec 53% des surfaces de vente de plus de 300m2. La zone Ouest est n°1 du département avec 510 millions d’euros[2] de CA. Ce pôle propose une offre diversifiée autour de 2 belles locomotives alimentaires (hypermarché Leclerc et Carrefour), des enseignes puissantes (Castorama, Décathlon) et un complexe de Cinéma en son cœur ; assez pour saturer ses axes lors des week-ends et fin d’années. On peut évoquer une spécialisation de Kerlann pour l’équipement de la personne et de la maison. Luscanen, située sur la commune de Ploeren, fut pendant longtemps dédiée à l’ameublement  (Casa, Conforama, Centrakor, etc) avant de faire face à Kerlann et au développement de Parc Lann (retails-parks, aménagements routiers).

  2. À l’est de Vannes se trouve le second pôle majeur (Poulfanc et Atlantheix). Ces deux derniers sont espacés de quelques minutes en voiture. Poulfanc est située sur une pénétrante importante de Vannes Est empruntée par plus de 20 000 véhicules par jour. Si les Quais de Séné ont apporté quelques moyennes surfaces, beaucoup de petites cellules amènent de la confusion dans le paysage commercial. Il est difficile d’identifier les spécificités de la zone et le déménagement de BricoCash vers la zone du Prat laisse même remettre en cause le dynamisme commercial de Poulfanc. Plus à l’Est se dresse la zone Atlantheix dédiée au bricolage, au jardin et à l’équipement de la maison avec les enseignes Leroy-Merlin et Jardi+ (indépendant qui joue parfaitement son rôle de locomotive en jardinerie/animalerie grâce à ses 5500m2). En bref, le pôle Est réalise un chiffre d’affaires total de 155 millions d’euros.[3]



Le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de Vannes-Agglo porte sur un territoire de 24 communes depuis 2002. Le rayonnement du territoire de Vannes agglomération en terme d’influence économique et zone de chalandise n’a cessé de croître depuis les années 90. Il touche désormais plus de 330 000 habitants[1]. Depuis 2017, le territoire occupe 34 communes pour 17 200 établissements économiques. Le secteur du commerce est le 2nd en termes d’emploi. Vannes concentre l’ensemble du spectre de la consommation.


Le centre-ville de Vannes comptait, en 2017, environ 510 commerces avec un taux de vacance commerciale de seulement 5,2%. Arpenté par 2,6 millions de visiteurs hors Morbihan, le centre-ville a fait de H&M sa locomotive commerciale. Le re-qualification de certains lieux permettra de maintenir la dynamique du cœur de Vannes et peut-être de booster les ventes de chacun. Le tissu commercial du centre-ville est composé pour 68% d’indépendants contre 32% de franchisés.


Le reste du territoire de Vannes Agglo est plutôt constitué de moyennes surfaces et de commerces de proximité qui répondent à des besoins réguliers. On peut citer les supermarchés de St-Avé, Arradon, Plescop, Elven, etc.


Sur ces 30 dernières années, il a été noté un rythme de croissance élevé dans l’ensemble des domaines (population, logements, équipements, revenus, emplois). Sans conteste, il existe une réelle attractivité pour ce territoire de qualité et bien équipé. Vannes profite d’une localisation privilégiée dans l’espace breton (axe sud – Bretagne, situation au cœur d’un des espaces les plus attractifs de France) et désormais au delà grâce à sa liaison ferroviaire (2H30 de Paris). Au delà des connexions, on a constaté un revenu médian élevé qui atteint les 30 000 euros par ménages. Il a progressé de 23% entre 2001 et 2011. Si ce chiffre est évocateur d’un potentiel de consommation, il est aussi important de tenir compte d’un vieillissement accro de la population du territoire.


En bref, Vannes est une magnifique destination pour les enseignes. Un pouvoir d’achat présent, une démographie positive et un tissu économique solide offrent de belles opportunités pour toute enseigne dynamique et attrayante.

[1] SCoT de Vannes-Agglo – Dossier d’approbation – Conseil Communautaire du 15/12/2016.

[2] Procos – Estimation CA 2017

[3] Télégramme – « Le grand match des surfaces commerciales » – Article publié le 15 novembre 2017

58 vues0 commentaire